Mercredi 20 août 2008

Découvrez Yelle!




De l’ivresse … de la création et autres Happenings


Hier soir, à une heure avancée, je reçois un mail d’une belle rousse. Elle me propose de l’accompagner dans une virée CDG.
Moi, il se trouve que c’est mon état éthylique qui n’a plus rien d’idyllique…
Kezako ? CDG ?
Que bien sûr, que je lui réponds, avec grand plaisir, car je lui fais une totale confiance, et pourtant… je ne suis pas sure d’avoir saisi toute la substantifique moelle de cette proposition. CDG, Charles De Gaulle ??? Il doit y avoir un message subliminal qui m’échappe…
J’essaie tant bien que mal de reconnecter quelques synapses… Eureka !!

« P-----, je viens d'activer 2 secondes mon cerveau!!! Ton titre de mail ( Rei... M'enfin!), mais bien sûr (faut que j'arrête de boire, ça brouille ma fashion clairvoyance!). A compris! Bien sur, je serai là avec toi.... »

Ouiii, si j’avais été une peu plus observatrice (ok, pour ne pas dire beaucoup moins saoule), j’aurais remarqué le titre du mail : Rei

Moi, je dis : c’est pas bo de boire……..

Bien voilà, tout ça pour introduire le sujet de Comme Des Garçons dont on n’a pas fini de parler.
Ma belle rousse,
Géraldine, vous a déjà ravis de sa plume concernant la collaboration de qui j’appellerai désormais CDG avec H&M.


Et comme il y a quelques jours, j’ai lu le dernier Numéro, j’avais envie de faire une ressaucée sur cette passionnante marque, label, ou plutôt acte de création.

Oui, car
Rei Kawakubo la créatrice, celle par qui sont nés les Guérillas Stores (un de mes précédents articles
ici sur le sujet), celle qui a créé un des magasins qui me fascine le plus (le Dover Street Market à Londres), cette pasionaria de la création, a non seulement collaboré avec H&M (et ça n’a pas du être simple, voir l’article de Coco), mais convole en ce moment même avec Vuitton.

Pendant une saison*, Comme des Garçons crée une boutique éphémère Louis Vuitton à Tokyo avec 6 sacs monogram uniques (dont 2 rééditions des 70’s et 2 créations pures baptisées « Party bags »).


H&M, Louis Vuitton ? Loin d’être une accro du monogram, ce qui m’intéresse est ce qui a pu motiver une telle anti-conformiste à engendrer de telles collaborations.
Louis Vuitton ? Sachez que c’est Rei K qui est à l’origine de cette idée (idée qui apparemment a été refusée dans un 1er temps par Yves Carcelle). C’est justement pour désamorcer les idées préconçues, dixit la créatrice, et avec une envie de « ressusciter l’esprit d’alors » de Louis Vuitton qui se serait dilué dans des boutiques trop grandes.
Louis Vuitton est aussi l’incarnation d’une tradition dans un pays, le Japon, où la tradition est omniprésente et où la marque déclenche toutes les ferveurs. On peut y voir une façon de faire honneur à son propre pays.

Voilà, maintenant, il faudrait que CDG ou Vuitton me convie à aller voir tout ça, que je me lost in translation. On peut toujours rêver, hein ?! En attendant, je le redis, n’hésitez pas à pousser la portes des magasins Comme des Garçons, où que vous soyez dans le monde, et glanez tout type d’information créative (ou qq infos toujours
ici).

Un autre sujet sur lequel j’aimerais avoir plus d’infos et d’images est l’installation de la collection d’Hussein Chalayan au Dover Street Market, puis le lien de Hussein C avec Puma, puis de Puma avec… Quant au grand Karl, il avait fait défiler en juin sa collection au Dover Street Market !
Vous voyez le monde de la création et ses affinités, c’est sans fin ! Et c’est ça qui est bon….

* « Happening » du 4 septembre au 14 décembre 2008 dans la boutique Comme des Garçons de Omotesanto à Tokyo (qui fête au passage ses 30 ans), convertie en un Louis Vuitton Store éphémère, dédiée à la toile monogram. Pas de réservation possible, et on ne peut acheter que sur place !

par Material Girl publié dans : News...I cant believe the news today
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Lundi 18 août 2008

Découvrez Simon & Garfunkel!


De l'ivresse ... des profondeurs

31
Quoi 31?!
31, c'est le nombre de jours dans un mois, me diriez vous... Donc, 1 mois pile que je n'ai rien posté. C'est propre, c'est net, c'est dit.

364
Quoi 364?!
Là aussi, c'est propre, c'est net. Ou presque. C'est beau aussi, car c'est 1 an moins 1 jour. C'est le nombre de jours de ce blog. Oui, à mon tour, je fête 1 an de vie dans la bloggo. Est-ce que j'aime les anniversaires? Rien n'est moins sûr...
Assiduité moindre ces dernières semaines, mais c'est pour mieux vous manger mes enfants.

Donc 31 jours sans écrire. Partir sans prévenir.
Puis revenir.
Et écrire.
Mais écrire quoi??

40.3
Il faut se lever. Combat intérieur entre motivation et flemmardise. 8h, c'est tôt. Léger mal de crâne, séquelle de la veille. Je quitte quand même les bras de Morphée, pour ceux de Neptune. Croyez moi, je vais y gagner.
RDV 8h30 au port.
20 kilos de matos plus tard, je grimpe sur le bateau.
Aie, je me cogne le genou. Ca fait mal une bouteille.
Je suis dans le gaz.
30 min de bateau. Soleil de plomb, mer creusée.
J'ai mal au coeur.
J'enfile ma tenue de combat, je crache dans mon masque.
C'est lourd.
J'ai trop chaud.
J'ai vraiment la nausée.
Mais p..., magnez vous! Jetez vous à l'eau que j'y aille!!
Mais que fais-je dans cette galère de si bon matin????
C'est simple.

L'eau vient me caresser, l'eau portent délicieusement mes mouvements.
Ma respiration ralentit.
Je vole en apesanteur.
Je descends le long du bout.
10
20
30
J'apercois le Grec*.
40 m, je surplombe sur l'épave.
Mon ordinator indique 40,3.
Majestueuse. Recouverte d'une forêt de gorgones. Bleues, Jaunes.
Des bancs de centaines de poissons de toute sorte et de toute taille entourent l'épave. 
Se cachent une murène par ci, un mérou par là. Des poissons dont je ne connais même pas le nom.
Les minutes de palier passent avec un poisson lune qui vient nous dire bonjour.

Je suis au paradis.

Crédit photo Ministère de l'écologie, ....

Des merveilles plein les mirettes, j'oublie totalement le réveil matinale, la nausée, les bleus, les coups de chaud, ... Et aussi de parler ou penser mode dans ce monde du silence.
Voila ma petite amnésie de 31 jours.

Je commence tout juste à retrouver la mémoire. Encore un peu de temps, et je suis pleinement à ce blog...

Bon, là je vous laisse pour un squash.
Hummm, suis je vraiment prête à réattaquer la rentrée??

A demain, si tout va bien!

*Le Grec est une épave entre Porquerolles et Port Cros à 40-45 m de profondeur, échouée suite à une explosion sur une mine juste après la guerrre. Une merveille.

**Bon, à 40m, oubliez de voir le rouge. L'eau filtre les rayons et donc la couleurs. En vrai, cette superbe faune et flore est de toutes les couleurs. Ca reste magique.

par Material Girl publié dans : Pensée du jour...Its a family affair
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Vendredi 18 juillet 2008

De l’intensité d’un regard et de la puissance dramatique

 

« J’ai posé une série de « non » : non aux jolies lumières, non aux compositions trop apparentes, non à la séduction des poses ou à la narration. Et tous ces « non » m’ont conduit à des « oui » : un fond blanc, un sujet qui m’intéresse, et le courant qui passe entre lui et moi »

                                                                                                                      Richard Avedon

L'an dernier, j'ai assisté à une présentation a l’IFM* où un intervenant, spécialiste en art contemporain, nous exposait sa théorie ou plutôt ses revendications sur la nécessite des actrices en publicité.

Son discours prenait pour exemple 2 publicités Chanel : entre une Nicole kidman sublime et sublimée, tout en drame au sens étymologique du terme, et une Julie ordon, hersât de Bardot dans une reprise du Mépris de Godard, il y a un gouffre que seule une vraie actrice comme Kidman sait creuser.




Il s'insurgeait sur le fait que les pubs s'obstinaient avec des mannequins, certes ravissantes, mais lisses, souvent sans odeur et sans saveur, et surtout n’ayant aucune capacité à la dramaturgie.

Sur le coup, j’ai trouvé ça un peu violent, après tout, elle était charmante cette Julie. Et puis à la réflexion, humm, oui, il y a une indéniable fadeur qui se dégage de ce remake...

En visitant l'expo Richard Avedon**, cette réflexion a refait surface d'elle même. Bizarrement, avec le modèle Susy Parker. Je ne me souvenais pas vraiment qui elle était. Actrice et un des premiers top model des années 50-60, elle fut le visage de Chanel.


C’est en voyant ce visage, ces expressions, que cette réflexion est revenue. Voilà une personnalité qui incarne la photo. C’est assez indescriptible, ça tient plus du ressenti, de l’émotion, mais là il se passe quelque chose.

Puis ensuite, il y a les portraits de Catherine Hepburn, celui de Marilyn.



Il y a un éclat, un regard, une attitude qui crée la présence. En fait, une personnalité qui crève la photo et que Avedon sait capter en maître. La capacité de l’acteur, du sujet à être…
Ici, Samuel Beckett.


« Un portrait photographique est l’image d’une personne qui sait qu’elle est photographiée. Une séance de pose est un échange d’émotions. L’image surgit de la rencontre de ces émotions »

                                                                                                                      Richard Avedon

Mais vous qui connaissez un peu l’œuvre d’Avedon, peut-être me diriez vous: « mais tu délires Marion, et quid de ses photos d'ouvriers, mineurs, serveuses dans sa série " In the American West" ? Cela ne  contrecarre-t-il pas un peu tes propos ? ».
Je parle de cette série où Avedon a eu pour commande de photographier d’illustres inconnus de l’ouest américain, en pleine récession économique début 80.



Donc là, nous avons affaire à tout, sauf à des experts de l’image. Et pourtant ces personnages sont empreints d’une émotion intense.
Mais n'est ce pas plutôt le talent lié à l’expérience d’Avedon qui lui a fait choisir et photographier les personnages les plus intéressants au meilleur moment? Ces portraits parlent de personnalité, de vie.
"Avedon immortalise au bon moment toute l'intensité psychologique qui s'en dégage".
D'où l'importance de la flamme du sujet, sa personnalité. Acteur ou inconnu peu importe. Ma boucle est bouclée.

Une dernier remarque sur les photos des mineurs et celles des ouvriers sur les gisements pétroliers. Incroyablement prenantes, détonantes. Rien que pour ces photos vous ne pouvez manquer cette exposition. Une espèce de sur-réalité in-croyable. Un monde inconnu.



Si un jour, on voit ça repris dans les défilés, je n’en serais pas étonnée… La mode est capable de s’inscrire partout………… Oups, Là John Galliano......
Ah oui c'est déjà fait?!!

 













« Mes photographies ne vont pas derrière la surface des choses. Elles ne vont derrière rien. Ce sont juste des lectures de la surface »

                                                                                                                      Richard Avedon

 

*IFM : Institut Français de la Mode 

** Exposition Richard Avedon, jusqu’au 28 septembre, Musée du Jeu de Paume, Paris, Concorde.

par Material Girl publié dans : Expos, sorties...Girls just wanna have fun
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Mercredi 16 juillet 2008

De Michel Perry, de passion et de stratégie

Cet entretien fut un grand moment et une joyeuse rencontre! Non seulement Michel Perry, le prince de la chaussure, est un être charmant et disponible, mais il est aussi rock’n’roll que passionnant.
Cet entretien devrait faire partie de tout cours pour les écoles de management en mode, les écoles de stylisme ou tout simplement à l’adresse des jeunes créateurs.
Mes fidèles, prenez en de la graine, cela vaut le détour !

J’ai eu l’occasion de rencontrer Michel Perry pour la première fois lors du goûter de bloggeuses organisé par Little fashion Gallery. Depuis ce jour, j’avais en tête de retourner voir cet hôte si accueillant.
Cependant, mon histoire avec ses chaussures date d’il y a beaucoup plus longtemps… un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre… j’avais alors une vingtaine d’années.

Vous êtes un des 1ers créateurs de chaussures haut de gamme qui m’ait fait rêver quand j’avais 20 ans. Mes amies et moi, on se ruinait pour s’offrir des bijoux Dinh Van, on se cotisait pour des sacs Jamin Puech, et Michel Perry, c’était LA paire de chaussures dont on rêvait. C’était fin 80 début 90.
C’est comme ça que la marque a démarré. Je n’avais pas fait d’étude marketing pour démarrer, j’ai lancé cette marque de façon spontanée, à l’intuition.
Sur ce marché, il y avait le choix entre les chaussures de luxe, fonctionnelles comme Clergerie, ou des chaussures plutôt importables hors des défilés, telles Mugler, Montana, Gaultier.
Une belle chaussure qui racontait un histoire, une émotion, une chaussure qui racontait autre chose que la fonction marche sans pour autant tomber dans le coté caricatural des défilés, il n’y en avait pas.

Cette analyse, je l’ai faite après car j’ai eu la chance d’avoir un succès quasi immédiat.
  

Rapidement, j’ai commencé à être reçu un peu partout. Je trouvais ça normal, alors que c’était exceptionnel. A l’époque, la chaussure était le parent pauvre de la mode. J’ai relancé le déclic d’ouvrir son porte monnaie pour les chaussures.
Aujourd’hui, le phénomène s’est amplifié de façon considérable, parce que n’importe quel petit fabriquant, sans parler des grandes marques, tout le monde privilégie les chaussures. C’est ce qui fait vraiment fonctionner les marques.

Au début, c’était une clientèle qui n’avait pas de gros moyens alors que mes chaussures valaient chères.  De plus, le magasin se trouvait dans les halles. N’importe quel financier m’aurait dit que j’étais un fou furieux ! La clientèle n’était pas une clientèle de luxe, c’était une clientèle de petites jeunes, d’apprentis styliste.
 

Qu’est ce qui vous a donné l’impulsion pour créer ça ?
C’est venu tout seul. Ca a commencé, je connaissais des fabricants, j’ai été me renseigner, et j’ai dessiné 2 modèles qui ont très bien marchés. Quelques temps après, ils me présentaient comme un dieu vivant !
Ensuite, j’ai rencontré des italiens qui avaient des usines et je suis allé produire en direct chez eux. Je n’ai pas créé ma propre marque tout de suite, ce qui comptait le plus, c’était de pouvoir m’exprimer en retravaillant leur collection. Ca a fait un malheur pendant quelques années. Pourtant, il y avait un autre problème : leurs propres équipes de vente ne savaient pas vendre ces modèles, c’était trop décalé. Alors je leur ai proposé de voyager avec eux et de rencontrer les clients.
Au final, en 86, je faisais un peu tout et j’avais tous les contacts. J’ai tout regroupé sous le nom Michel Perry et j’ai lancé ma propre marque. Comme tous les clients connaissaient déjà mon nom, j’ai facilement et rapidement vendu.

En résumé, je suis parti du fabricant, qui m’a ensuite entrainé vers les clients, et enfin j’ai fait ma marque. C’était beaucoup plus facile. J’ai fait tout le processus inverse par rapport à ce qui se fait aujourd’hui.

Et il y a eu une petite baisse dans le succès entre 1995 et 2000 ?
C’est vrai, il y a eu plusieurs raisons à ça.
Jusqu’en 95, la marque n’a fait que croître, très haut, avec toute la presse derrière. Parallèlement à ça , une concurrence énorme s’est développée, tant au niveau des groupes comme Prada, Gucci, que des créateurs indépendants, Louboutin, plus tard Pierre Hardy.
Le 2ème phénomène est que, comme je n’avais pas analysé le succès, je n’avais pas défini le périmètre de mes libertés. Je croyais que tout m’était permis et partais dans des idées presque caricaturales. Début 90, j’ai voulu changer d’orientation. Je suis allé à Pigalle, je voulais des démarches chaloupées : j’ai mis des bracelets de force à la cheville, des talons de 12. Impossible de marcher avec ! Mais voilà, dans la vie d’un créateur, il faut le faire, autrement vous ne saurez jamais ce dont vous êtes capable ou non. Vous prenez une grande claque en retour, et vous ne le faites plus !
En fait, c’est très mauvais, car d’une part, vous ne vendez pas, et d’autre part, les femmes gardent un souvenir exécrable de la marque. Pourtant, c’est des erreurs qu’il faut commettre, pour revenir à ces valeurs.
J’ai été reconnu pour des chaussures exceptionnelles, mais portables, avec lesquelles on puisse vivre. Et ça je l’avais oublié pendant un moment.

Et aussi, ce n’est pas la force des financiers qui commençait à vous manquer ? Aujourd’hui, est-ce que cela serait possible un tel succès avec la façon dont vous avez démarré ?
Quand j’ai vu les groupes avec leurs financiers derrière, je me suis dit que j’étais inconscient. Eux, ils sont très structurés, très organisés, en revanche ils n’ont pas toujours la réactivité que peut avoir un créateur indépendant.
Là où ils ont été très malins, c’est qu’ils ont su canaliser les goûts. Quand vous standardisez les goûts, vous avez gagné sur le plan industriel.
C’est très fort du point de vue marketing, mais mon histoire est basée sur la différence. Je respecte les femmes pour leur différence, et je me devais de faire des chaussures plus exclusives. C’est une démarche inverse.
Là, je parle des Années 95, avec l’arrivée d’un marketing puissant. Aujourd’hui, ces marques là sont installées et touchent une grosse clientèle, mais il se passe quelque chose de nouveau, ou plutôt un retour qui ressemble aux années de mes débuts. Il y a une cohabitation entre ces 2 approches que je respecte, une culture des groupes et une culture plus individuelle, où la créativité doit être forte.

Vous annoncez ?
Non pas pour le moment, car je suis toujours à un stade « petite marque » et puis je pense que ce n’est ma vocation. J’ai essayé de me dire : « ça y est, je rentre dans la cour des grands, Madison à NY, etc ». J’ai essayé de me convaincre que c’était vrai, mais ça sonnait faux, donc je reviens à ce que j’aime, des collections comme je les entends.

Et la diversification ?
Je fais des sacs, mais je préfère les associations de marques, l’idée de club. Les chaussures Michel Perry peuvent cohabiter avec les parfums Serge Lutens, avec la lingerie agent Provocateur, …
Et le prêt à porter ? H&M !
Si c’était un créateur, Westwood ?
Oui, j’aime le coté aristo décadent, distancié par rapport aux choses, sans tomber dans les caricatures. Il faut savoir relativiser tout, c’est ce que j’appelle une démarche aristocratique. Westwood a détourné tous les codes de la bourgeoisie, et je suis plus dans cet esprit là, dans la dérision, dans l’humour que dans se prendre au sérieux.

L’idée d’être vu comme un «  Dandy rock’n’roll », cela vous plait ?
Oui, dans le sens où je suis très hédoniste. Je reviens à mes origines, je ne suis efficace que dans les choses qui me plaisent.
 

J’ai vu que vous aviez repris des études aux beaux Arts depuis 2000, vous en faites quoi ?
Je stocke. Les beaux arts, c’est parce que j’adore la peinture, j’adore dessiner. Je n’expose pas encore, mais j’expérimente, des nus, des portraits. J’affine mon approche et peut être qu’un jour… dans une deuxième vie peut-être ?!
C’est nécessaire, car pour être disponible dans la tête au niveau création, j’ai besoin de naviguer dans la peinture, déco, architecture.

Vous voyagez beaucoup ?
Oui, mais j’ai un imaginaire très développé. Je voyage beaucoup dans ma tête. Je peux rester seul très longtemps, je ne m’ennuie jamais. Je préfère même voyager dans ma tête que d’être déçu sur place.

Vous avez un château en Bourgogne qui vous occupe aussi beaucoup ?
Ce n’est pas un château en fait. C’est une ruine qui m’a permis d’avoir un laboratoire, de me mettre des défis : est-ce que je vais être capable d’en faire un lieu expérimental, qui va permettre de m’exprimer ? Je pense avoir réussi.
Il y a eu quelques reportages photos dans la presse, comme Match ou AD.
Plus que le fait d’avoir un château, c’est respecter l’âme du lieu en ayant une vision très contemporaine. Comment aller vers le futur, apporter un regard d’aujourd’hui, en respectant le passé : cela s’apparente à ma démarche avec mes collections.

C’est un lieu destiné à recevoir, à faire des expos de peintures, de photos, des concerts.
Je travaille pas mal avec les Inrocks, sur des nouveaux groupes de rock. On a fait un concert au Paris Paris avec Hey Gravity !, Pravda, …
Ca reprend un peu mon idée de club, là avec la musique. J’adore cette idée d’apporter des talents.

Il y a des artistes avec qui vous aimeriez particulièrement travailler ?
Des groupes comme The Do m’intéressent. Eux, je les connais, mais les groupes sont pris par des agents qui gèrent leur carrière, c’est compliqué de les atteindre.

Et aujourd’hui,  quel gros projet avez-vous ?
Trouver le fil conducteur pour faire du business en continuant la création. Je pense que la mode doit s’inscrire dans l’architecture, la lecture, la musique. Il y a toute une façon de vivre. C’est le projet que j’ai envie de mener à bien plutôt que monter 50 magasins.
 
Si je parlais de Factory, ça pourrait être dans un lieu à Paris, avec mes chaussures, un petit salon, puis la nouvelle Nico, un bar, etc. Je cultive l’idée, j’essaie de l’affiner et il y a des gens qui commencent à y travailler.

Quel est l’esprit de la collection de cet hiver ?
L’hiver est glamour alors que l’été je suis plus pop, rock, plus léger.
C’est glamour et austère à la fois. La chaussure couvre le pied, le cache, avec des petites ouvertures. J’ai eu envie d’aller chercher derrière cette austérité, quelque chose au delà des décolletés maximum. Entre Betty Page et Grace Kelly, la brune pin-up et la blonde froide, un mélange des 2 opposés.



Crédit photos Michel Perry

Allez voir son site ici.

Boutique Michel Perry, 243 r saint honoré 75007 PARIS
Anciennes collections Michel Perry, 42 r Grenelle 75007 PARIS

Autres interviews:
Anouschka
Elsa Esturgie
Eva Gozlan
Finger in the nose / Siv Tone Kverneland
Jérôme Dreyfuss
Ma Ke
Marc Le Bihan
Naelie, Diane Hanouna
Thierry Lasry
par Material Girl publié dans : Interview...Du coté de chez Swan
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Mardi 15 juillet 2008

De la mise à jour de ma blogroll

Salut les habitués,

J'ai enfin fait un petit tour de ma blogroll pour en tirer la substantifique moelle. Voici ci-dessous celle là mise à jour, mais de toute façon vous la retrouvez sur le coté à gauche dans We are friends, ici même.

La blogroll est cette petite chose bien personnelle qui peut en flatter certain (cool), en vexer d'autres (sorry), mais qui peut aussi égayer mes journées pour une balades de blah blah.
Bref, c'est donc ce truc ultra perso, chacun son chemin, chacun sa blogroll, la mienne n'est certainement pas exhaustive, désolée pour ceux ou celles que j'ai zappé/oublié/pas lu... mais chaque chose en son temps, j'y reviendrai.....

Fashion Info

Tendance de Mode / Coco très pro
Cafe Mode / Géraldine Dormoy
Bored & beautiful
Fashion Eye / Florence Muller
Kingdom of style
Trender
Fashionologie
Poirette
Fashion Style
Fashion news
Bloc mode
Luxe Mode
Materialist
On the runway 

Fashion BlahBlah

Pas trop vite / Frieda l'écuyère
Mo(ts) de mode 
Le blog de Fonelle
Ultimate French Fashion     
Pensees de ronde    
Rock et trendy 
Nizza girl / Nadia
Carnet de mode / Miou

Mariyluvpink
Bénétie
July star 
F&Art 
The Glossy    

Fashion Photos, Dessins

Une fille comme moi / Garance Doré
The Sartorialist
Face hunter

Accro de la mode
Miss Glitzy    
Mzelle-fraise
Nanikaa
Glam blog

Fashion Look

Punky b / Géraldine
Karla’s closet         
Fashion toast         
Sea of shoes 
Pandora  / Louise    
Suzie Bubble           
The cherry blossom girl               
Play it like a girl                
Vendredi 13            
Mode&co               
Les grandes filles modè'lles / Galliane

Fashion but not only

The cool hunter
Trendy girl
Baisers Volés / Domino
Street luxe   
La bulle de solenne
BlackTie
Futiles (mais pas que)                 

Sois belle et parle / Violette
Piapias
Caroline Daily / Caroline
La méchante
Cachemire et soie / Anne So
The alba blog / Mathilde
Chic&style / Rosemary

La femme 

par Material Girl publié dans : En vrac...Mmm Mmm Mmm
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Jeudi 10 juillet 2008

De l'art des volumes, et du jeu du papier bulle....

Je reçois l'invitation pour le défilé couture Lefranc Ferrant, petit carton enrubanné à un cylindre noir contenant 6 crayons de couleur Caran d’Ache. Outre que ma louloutte fait des bons de joies (c'était encore mieux que le carton en poupée gonflable de Tsumori Chisato), c'est très chic. Et encore si elle avait su que c'était un défilé à papier bulle... Trop cool de faire péter les bulles.

Dans la rubrique  réminiscence enfantine, le duo a participé à l'exposition "the blythe by designer" où 50 designers ont habillé ces petites poupées japonaises que j'aime tant (voir
ici).

Mais passons aux choses sérieuses, les propos de grandes personnes! Petite bio de Lefranc Ferrant avant de passer au défilé de la semaine dernière.


Lefranc Ferrant, voilà un nom qui flotte de plus en plus intensément dans les esprits fashion éclairés. Et ce n’est pas par hasard… on entend souvent dire qu’ils sont de futurs grands. P
our commencer, le duo a des références qui en imposent...
Mario Lefranc fut modéliste chez Chloé, passe par Féraud, et depuis 96 collabore avec Alber Elbaz, Yves Saint Laurent et aujorud’hui Lanvin chez qui il est toujours responsable d’atelier et 1er modéliste.
Béatrice Ferrant fait ses armes chez Patou, Malendrino, et s’occupe des licences Balenciaga.
Tous 2 diplômés de la chambre syndicale de la couture, leur complémentarité et connivence donne naissance à « Lefranc Ferrant » pour l’ été 2004.
Ils utilisent des matières luxueuses et raffinées de tisseurs français et italiens avec des coupes ultra travaillées. Tout est dans le détail.
Leur idée est de réinterpréter les codes de la féminité avec une recherche sur le volume, les proportions et de nouvelles techniques pour mettre en valeur l’allure. Ils définissent ainsi un prêt-à-porter de luxe pour un vestiaire moderne, plutôt atypique et très flatteur.

Début juin, le duo a ouvert sa première adresse parisienne dans Saint Germain*. Petite boutique de 40 m², entre prêt-à-porter et sur mesure vip, puisque le lieu peut ouvrir le soir pour des essayages privés. Vous avez les moyens ? Pas grave, allez voir, plaisir des yeux…


C’est à l’occasion de leur défilé en tant que membre invité de la haute couture que je découvre ce duo rebelle avec des créations aussi jolies que déroutantes ! Et c’est ça qui est bon…

Le défilé démarre sur une chanson de Christophe. Si c'est pas de la hip attitude ça?!
Les modèles arrivent le crane coiffé de papier bulle ! Hum, hum… et on ne voit plus que les visages, les lignes très pures, les associations originales. La taille est souvent marquée, les hanches soulignées, les épaules sont étroites, de jolis décolletés….

Les associations de matières, motifs et couleurs sont aussi originales que bien vues. Les coupes et les volumes sont francs, structurés. Tout est dans le détail…


Et le tout est très applaudi par la foule de mode qui s’est déplacée en masse dans ce tout petit lieu alambiqué qu’est cette galerie du marais. Sans doute, le vrai reproche qu’on peut faire : à trop chercher la complexité, on perd de la mise en scène du vêtement.

Le défilé en image. Compte tenu de la configuration du lieu, ça tenait de l'exploit de prendre des photos correctes, mais comme ça vous avez un angle différent ! Pour une approche, dirais je, plus classique de la photo, n'hésitez pas à aller sur leur propre site, ici!

 
  


*Boutique Lefranc Ferrant, 22, rue de l’Echaudé. 75006 Paris. Tel: 01.44.07.37.96.

par Material Girl publié dans : Portrait...Glory and consequency
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Mardi 8 juillet 2008

De l'humanité et de la philosophie du vêtement avec Ma Ke

« I believe that the ultimate luxury is not the price of the clothing, but its spirit »

 

MaKeUseless.jpg

Comme l'évaporée que je suis, je ne me suis pas préoccupée d’obtenir des invitations pour les défilés haute couture. Par miracle, j’en ai reçu tout de même 3. Mais pas Ma Ke
Ma Ke ?
Oui, cette créatrice chinoise dont on me parle depuis des mois. Et dire qu’en plus son défilé, qui a eu lieu jeudi soir dernier, était ouvert au public…
Ma Ke ? Un défilé ouvert au public ? Je vous en dis plus tout de suite….

Ce vendredi, l’IFM me propose de venir à une drôle de rencontre : une discussion à 3 entre Ma Ke, Florence Muller, la fameuse historienne de mode, et Martine Leherpeur, grande prêtresse des tendances, et surtout grande amie de Ma Ke.
J’oublie la présence incontournable du traducteur qui m’a permis de prendre tranquillement autant de notes !

Pour les âmes perdues que nous sommes, nous le public du jour qui avions zappé cet incroyable défilé, Florence nous remet dans le contexte, images à l’appui (voir son post sur son blog ici).

Ce défilé a eu lieu dans les jardins du palais royal, en « pleine  nature », car on verra que c’est un point essentiel pour Ma Ke. Elle souhaitait même au départ  le jardin des plantes pour la proximité avec la galerie de l’évolution….  Vous devinez qu’il y a du concept fort là-dessous.
 
Le défilé commençait par des bacs de graines, puis les plantes, la culture pour le fil, le tissu puis le vêtement. Une jeune femme, installée de façon théâtrale, filait la matière sous les yeux ébahis du public. C’est un hommage à la tradition : l’origine du costume qu’est la matière. On assistait ainsi à tout le procédé jusqu’au vêtement.
Lles personnages faisaient une danse inspirée du processus de création du tissu.


Ma Ke est une jeune styliste chinoise mais dont la maturité est ahurissante. Très tôt, elle a pris conscience de l’impact de la production en Chine et a décidé d’en prendre le contre pied, en créant
 2 marques: une marque, Exception de Mixmind distribuée dans les malls chinois, environ 60 boutiques (chiffre encore très confidentiel pour ce pays), et la marque qu’elle présente uniquement à Paris, Wuyong qui signifie Useless.
C’est tout le paradoxe du personnage : celle, qui déteste les malls et ce système, vit de sa marque Exception pour mieux pouvoir développer son autre marque avant-gardiste et artistique, ce qui n'est pas sans rappeler l'approche des créateurs japonais des 80’s qui ont conçu des marques très avant-gardistes pour Paris.

Ma Ke arrive, la conversation commence… en chinois, très bas, très doucement…

Martine Leherpeur : Quel fut ton chemin, quand tu as fini tes études, pour d’abord Exception puis Useless ?
Ma Ke : J’ai mon diplôme en 92, en spécialité stylisme. Quand j’ai fini mes études, je me suis posée une question : est ce que je comprends le stylisme ? La réponse est négative.

ML : Tu as eu cette réaction a une époque où la Chine est l’usine du monde où il y a une frénésie de conso. Pourquoi une école de mode, puisque tu réagis anti-mode ?
MK : Quand j’ai choisi le stylisme comme spécialité, j’ai choisi le vêtement, l’habit, mais pas le stylisme. J’ai passé mon enfance dans une cité universitaire avec des parents profs. J’ai vu ma mère coudre et j’ai apprécié son art. J’ai toujours porté les habits faits maison, je n’ai jamais acheté un vêtement. Comme en fait, j’aimais beaucoup dessiner, le stylisme s’est imposé comme un choix naturel.

ML : Je trouve que tu es très déterminée. Tu ne t’occupes pas de ce font les autres, à l’instar d’Agnès b, que je connais bien, qui disait à 30 ans « je n’ai jamais regardé un autre défilé, ça ne m’intéresse pas ».
Comment en Chine ce que tu fais est perçu ? Tu sens ton influence ?
MK :Ce que je fais, ça vient d’un besoin, du fond du cœur. Je n’ai jamais cherché à imposer, alors je ne connais pas l’impact sur les autres. Bien sur, j’ai lu des articles où il y avait autant d'admiration que de critiques, mais je n’ai pas cherché à influencer les autres, et je ne connais pas leurs créations.
 

ML : Je travaille beaucoup en Chine pour des marques que tu détestes, celles des malls. Il y a 2 Chine, la Chine que j’aime : montagne, village, gens, authenticité et esthétisme ; et la chine qui me fait vivre, celle pourquoi on s’est rencontré.
MK : Ce que tu évoques avec la Chine que tu aimes, c’est plutôt la Chine de la fin 80. La Chine actuelle est très différente de ça. La Chine que tu as captée est encore en partie existante à la campagne, mais ma comparaison est plutôt de l’ordre des villes entre aujourd’hui et fin 80. En 80, même dans les villes, les gens vivaient de façon simple. Le grand changement est là.

Florence Muller : Pouvez vous nous expliquer comment vous exprimez ça dans vos défilés ?
MK : J’ai pu observer dans mon enfance, cette simplicité, peu de besoin entre les humains. Les rapports étaient plus étroits qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, il y a plus de richesse, et les relations sont plus distantes. L’économie chinoise prend beaucoup d’essor, mais les chinois ont perdu beaucoup de traditions. Par ces défilés, je voulais montrer les rapports entre les humains et la nature. C’est cette valeur qui a le plus d’importance pour moi.

 

FM : Comment cela se traduit dans les 2 défilés à Paris ?
MK : J’ai voulu montrer les humains et non pas leur vêtement. Plus concrêtement, dans le 1er défilé l’an dernier, c’était le rapport entre les générations, et la relation entre l »homme et la terre (FM : les personnages étaient recouverts de terre). Je n’aime pas la mode, le maquillage. Quand on veut utiliser le maquillage, c’est qu’on ne trouve pas les gens beaux. Moi, je trouve les gens naturellement beaux. La seule matière que j’utilise c’est la matière naturelle, celle qui met en valeur.

FM : Le défilé d’hier est présenté comme une histoire avec un début et une fin. Il raconte quoi ?
MK : Hier, je voulais présenter le cycle de la vie. Au départ, le grain, début de vie ; puis la plante, la vie des êtres; le coton, le fruit de la plante; puis avec un travail humain, on arrive au vêtement pour couvrir les gens. A travers ce cycle, peut-on espérer que ce cycle perdure plus longtemps ou s’arrête ? (ML : son papa est prof de philo !)



FM : La différence avec le premier défilé est que ces vêtements peuvent être portés. Pourquoi ?
MK : C’est vrai, mais pour moi, je n’ai pas cherché à ce qu’il puisse être porté. Dans la création, j’avais juste besoin que ces vêtements soient portés.




FM : Ils restent des pièces uniques ou on peut en commander la reproduction ?
MK : Bien sûr, on peut reproduire, mais cela restera des produits artisanaux alors ça prendrait du temps. J’ai une équipe de 25 personnes, et on a mis 8 mois à créer le défilé.

FM : As tu des clientes Wuyong ? Et c’est important pour vous ?
MK : Beaucoup de gens se sont dit inspirés, mais je n’ai pas encore de commande. Et non, je ne crée pas pour ça.

ML : Tu as dit que tu n’aimais pas l’argent, mais que c’était quand même un grand luxe que de pouvoir faire ça.
MK : Ce que je trouve le plus important est le choix de soi même. Je suis très chanceuse de ne pas avoir à regarder le coté marché. Mais cela demande aussi de savoir abandonner certaine autre chose.

FM : Mao peut-il nous expliquer ce qu’il fait (Mao Jihong est le Dirigeant de Exception et le mari de Ma Ke) ?
ML :Il y a quelque chose de très homogène dans leur fonctionnement.
Mao : vous avez parlez d’homogénéité des 2 marques. Aujourd’hui les artistes qui s’occupent de la marque Exception sont la même équipe qui s’occupe de l’autre marque, même si les 2 marques sont gérées séparément. On a toujours voulu passer des messages à travers ces marques, donc du point de vue conceptuel c’est la même chose.

FM : Quelles sont les femmes qui achètent Exception ?
MK : Au début de la création d’Exception, je faisais des vêtements pour des gens comme moi. Mais après quelques années, on a découvert que la clientèle est beaucoup plus large.
Mao : Mais le point commun de cette clientèle est qu’elle recherche toujours un message conceptuel, spirituel.

FM : Et ce message passe-t-il au-delà de la présence des vêtements ?
Mao : Bien sur, il y a d’autres éléments qui font passer le message. Dans la promotion des la marque, il y a le graphisme, l’événementiel.

FM : La presse se fait écho de ce discours ?
Mao : La presse passe le message d’une façon difficile. Les médias font écho mais à chaque fois, on demande à voir ce qu’ils écrivent, sinon n’importe quel commentaire ou critique pourrait nuire. Nous ne recherchons pas une diffusion large, nous sélectionnons les bonnes questions pour donner les bonnes réponses.

ML : Autour de vous, il y a les meilleurs cinéastes chinois, des graphistes et photographes exceptionnels. C’est là qu’on sent que c’est une démarche totalement artistique et c’est ça qui fait la communication.
Mao : Ma Ke a vraiment de la sincérité, du cœur dans ses créations et c’est ce coté là qui fait qu’ils aiment venir travailler avec nous.

Question du public : Pour revenir sur le paradoxe, peut-on envisager que Ma Ke s’occupe d’une marque plus populaire ?
MK : Ces produits existent déjà. Exception est pour le grand public. Le défilé d'hier est pour le grand public, tout le monde pouvait y assister. Les autres créateurs limitent souvent pour limiter la copie. Mais moi, je voulais faire partager, c’est ça la vraie richesse.

Q°P : En venant à Paris, quelles attentes aviez vous ?
MK : Le seul objectif était de pouvoir faire partager mon travail.

Q°P : Il y a quelque chose qui vous a profondément influencé?
MK : Non. Au début de mes études, j’admirais des créateurs comme Martin Margiela. Ensuite, j’ai puisé mon inspiration dans des éléments culturels ou philosophiques. C’est avec ces éléments de tradition que je me nourris.

Q°P : Pourquoi Paris ?
Pour Martine !
Paris est une vitrine à travers laquelle on peut s’adresser au monde entier. C’est donc ma façon de m’adresser au monde entier.


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Dimanche 6 juillet 2008
Des goûts et des couleurs.. et de mes doutes

Jeudi dernier au défilé Haute couture d'Eric Tibush.
Le point de ralliement de cette collection semble être le maquillage et le nouage des cheveux. Fort joli cela dit!
Sinon, je ne sais pas vraiment quelle histoire ces vêtements racontent. La collection s'appelle "Anti-chambre". Moi, je ne vois pas le liant de tous ces passages. J'apprécie autant certains modèles que d'autres me laissent dubitative.
Après quelques recherches, je trouve que ce défilé parle d'une globetrotteuse, femme libre et indépendante... C'est sûr, la collection est, hum, libre.
J'ai l'avantage d'être superbement placée pour mes photos au 1er rang.
Cela se passe à l'hotel Bristol, très chic.... tellement que j'ai tendance à penser que trop de chic tue le chic. A savoir, colonnes + moulures + lustres + chaises dorées + etc... étouffe un peu le reste. Ca me brouille l'écoute!
Je pense aussi que la haute couture est trop haute pour moi parfois...

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